Une initiative de l’AGAME (L’Association des gens d’affaires du Mile-End) et de ses membres qui ont comme mission d’encourager l’économie locale, l’esprit communautaire et l’évolution positive de notre quartier.


Dev par Barkas. Design par Wedge. Direction Créative par Sarah Di Domenico.

Café-citoyen sur la gentrification commerciale

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C’était lundi le 16 avril dernier que, réuni-e-s au théâtre Rialto, nous tenions un café-citoyen sur la gentrification commerciale en compagnie du comité des citoyen-ne-s du Mile-End et des nombreux curieux et curieuses qui ont bien voulu se joindre à la discussion.

La soirée s’est déroulée en deux temps. D’abord, des conférenciers et conférencières invité-e-s ont présenté divers aspects de cet enjeu qui nous préoccupe. Ensuite, nous avons tenu une séance de questions-discussion très animée, orientée vers des solutions visant à préserver la diversité et le dynamisme de notre quartier dans son commerce local.

Les trois conférenciers et conférencières invité-e-s ont présenté des perspectives à la fois différentes et complémentaires sur la gentrification commerciale. 

Hélène Bélanger, professeure en études urbaines et touristiques à l’UQAM, a présenté son étude de cas sur la revitalisation de la rue Masson. Elle a brillamment montré qu’un quartier se comporte un peu comme un écosystème où chacun des agents agit en interdépendance et collaboration. La gentrification commerciale n’est pas indépendante de la gentrification résidentielle. Plus encore, la spéculation immobilière qui cause une augmentation des prix des loyers opère une migration forcée des plus pauvres, mais aussi de commerces locaux qui n’arrivent pas à s’ajuster aux hausses de loyers. Le déplacement de population amène une clientèle nouvelle, de sorte que les commerces doivent à la fois s’ajuster aux hausses des prix des locaux commerciaux, mais aussi adapter leur offre à cette nouvelle clientèle. Bien que ses recherches aient montré, dans le cas de la rue Masson, une perception positive des transformations sociales et commerciales du quartier autant chez les habitant-e-s de longue date que chez les gentrifieur-e-s, ainsi qu’une cohabitation pacifique, les hausses du coût de la vie ne sont pas sans susciter d’inquiétudes.

Catherine Lavarenne, de l’Association des gens d’affaires du Mile-End (AGAME), a, quant à elle, orienté sa présentation vers le rôle que peut jouer une association commerciale dans la préservation du tissu social du quartier. Elle a rappelé que l’association fonctionne sur une base volontaire. C’est un merveilleux outil que chacun et chacune peut investir pour lui prêter un peu de sa voix. En ce sens, l’association pourrait être un puissant véhicule pour la réflexion commune et la protection de nos acquis. Elle a fait valoir un changement de la vision du commerce local, motivé par la spécificité du nôtre. En s’interrogeant sur notre spécificité, il est plus facile d’évaluer les priorités du quartier en matière de commerces, de répondre aux besoins et de défendre notre commerce local. En tant qu’organisation, l’association peut s’investir tant auprès des habitant-e-s que des commerçant-e-s et des propriétaires pour amener nos revendications devant la Ville et avoir ainsi un impact positif sur le tissu social.

Richard Ryan, conseiller de Ville de l’Arrondissement Plateau-Mont-Royal, a mis en lumière les outils réglementaires existants ou en projet qui pourraient agir sur la gentrification commerciale. Malheureusement, les mesures disponibles ont paru timides. Le pouvoir de la Ville en matière de réglementation commerciale en est un de zonage, de détermination de l’usage des locaux, de contingentement et de superficie maximale. La Ville pourrait aussi effectuer des sorties de marché de certains édifices afin de les louer en dessous de la valeur du marché et réduire la spéculation. Le conseiller a plutôt suggéré, pour les sorties de marché, la formation d’un OSBL d’immobilier qui achèteraient des locaux et les loueraient jusqu’à 20% en dessous de la valeur du marché comme cela se voit ailleurs. Il s’est montré ambivalent sur des mesures d’inoccupation, affirmant que malgré son statut de métropole, la Ville n’avait pas le pouvoir d’imposer une taxation sur les locaux vacants d’une part; de l’autre, que 70% des revenus de la Ville provenant des taxes foncières, de nouvelles sources de revenus pour la Ville contribueraient à la rendre moins dépendante des revenus fonciers.

Pendant la discussion, de nombreuses idées ont été émises par les citoyen-ne-s, les commerçant-e-s et les propriétaires sur place. La taxation commerciale est revenue sur le tapis plusieurs fois. Il a été proposé de changer la fiscalité, pour calculer la taxe sur d’autres échelles que la valeur foncière, afin de protéger les commerces locaux, en se basant sur les services offerts par exemple. Les baux double et triple nets ont été critiqués en suggérant que des outils pour clarifier la répartition des taxes soient mis à disposition des commerçant-e-s, étant donné qu’ils ne sont pas supposés assumer les taxes résiduelles. Des mesures pour corriger la vacance ont été discutées, ainsi qu’une limite sur le nombre d’édifices pouvant être détenu par une même entité sur un secteur, bien qu’aucune solution politique ne semble se profiler devant ces propositions. Une discussion enrichissante s’est dessinée autour de la question d’actions par le porte-feuille (de type « acheter, c’est voter »). Le caractère individualiste de ce type d’action a été éclairé, suggérant plutôt un travail de sensibilisation et de mobilisation à faire en amont afin de plutôt privilégier une approche communautaire, soit par le développement d’une culture de la solidarité. Des militantes de Québec Solidaire ont fait valoir un projet de loi visant l’imposition d’un registre des baux commerciaux. D’autres ont proposer des mesures pour encourager les commerçant-e-s locaux et les familles à accéder à la propriété, la formation de COOP immobilières ou d’OSBL d’achat d’immeubles.

Bref, ce fut une soirée bien animée en brassage d’idées. Nous remercions tous ceux et celles qui ont participé. Vous avez été des plus inspirant-e-s!#cafecitoyen

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