Une initiative de l’AGAME (L’Association des gens d’affaires du Mile-End) et de ses membres qui ont comme mission d’encourager l’économie locale, l’esprit communautaire et l’évolution positive de notre quartier.


Dev par Barkas. Design par Wedge. Direction Créative par Sarah Di Domenico.

Voici
Ballet Hop!

Camille est la farouche force féministe qui se cache derrière le seul espace de fitness inspiré du ballet, situé dans le Mile-End.

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#bh2Salut Camille !
Peux-tu nous décrire Ballet Hop! avec tes mots ?

Ballet Hop! est une petite entreprise qui a pour vocation de créer un village autour du ballet. Nous mettons à disposition tous les éléments nécessaires pour devenir une danseuse accomplie selon nous. Tout commence avec l’alimentation. Café les Impertinentes (présent dans le même espace), le café de ma sœur est la première chose que tu vois. Le café est un espace où les filles peuvent s’installer et discuter avant les cours de danse, ça leur permet de construire des relations nouvelles et fun.

Ballet Hop! offre des classes, des cours d’entraînement, des cours privés ainsi que du stretch et du yoga qui servent pour le ballet. Nous organisons des évènements comme des camps d’été pour adultes et des camps d’enfants aussi. La boutique vend des produits locaux, majoritairement faits au Québec ou à Montréal.

« Tout est là pour créer un petit village de femmes qui, surtout, se serrent les coudes ensemble. Le ballet est un prétexte. »

#bh1#bh3Étais-tu danseuse toi-même ? Certains diraient que c’est une supposition évidente.

J’ai pratiqué le ballet toute ma vie, mais rien de professionnel. C’est pourquoi je voulais créer un espace avec une atmosphère amicale et sans prétention. Je n’ai pas l’expérience pour être une danseuse de grand ballet. Je n’ai pas le corps d’une ballerine non plus. Moi, je suis juste une fille ordinaire qui adore le ballet. Crois-le ou non, mais quelqu’un m’a déjà dit que j’étais trop brune pour devenir ballerine. Dans ce monde-là, soit on est professionnel, soit on abandonne. Je ne voulais pas faire ce choix. Je voulais créer un juste milieu où le ballet serait l’fun et serait pour tout le monde. C’était le point de départ de mon projet.

#bh4Il semble que tu démocratises le ballet en cassant les vieilles notions du ballet et en le rendant plus accessible.

Exactement. D’habitude, le ballet a une apparence austère et élitiste qui ne fait pas sentir que c’est pour tout le monde. C’est un monde où une personne est facilement rejetée. Je me suis dit « C’est sûr qu’il y a moyen de rendre cette si belle discipline accessible au plus grand nombre ». Pas juste aux gens riches, minces, blancs, blonds et minuscules. 

« Le ballet est très hétéro normatif et blanc. Les non-caucasiens sont sous-représentés. Pareil pour la diversité des formes et des genres. Pourquoi ce serait juste les femmes ? »

Pour des débutants qui veulent juste danser pour le plaisir, peu d’endroits existent. Nous essayons vraiment de construire quelque chose d’inclusif. Ça passe aussi par des petites choses pour rendre ça plus accessible. Par exemple, nous faisons exprès de ne pas mettre que de la musique classique dans nos playlists. On joue de la musique classique, mais aussi des artistes québécois et des genres variés pour créer une autre ambiance et éviter cet aspect traditionnel du ballet.

Une autre chose concerne la tenue vestimentaire. Il n’y en a pas. Pas besoin du classique maillot de corps ou tutu. Tu peux porter ce que tu veux. Toutes ces choses rendent l’espace et les classes moins intimidantes à essayer.

#bh7Comment t’assures-tu que le ballet soit fun ?

Des choses simples comme engager des gens passionnés qui veulent partager leur passion. C’est une évidence. Encore là, c’est les petits détails qui créent une atmosphère positive, comme le fait que choses sont écrites à la main sur les portes. On adopte aussi un niveau de langage familier ce qui fait une différence. Dans les cours, nos professeures sont remplies d’humour. Elles font des blagues tout le long du cours. Elles ne tombent pas dans le cliché du ballet « on mange du céleri et on se prend au sérieux ». C’est plutôt « Lâchez pas les filles, votre verre de vin vous attend à la sortie ». On ne cherche pas à éduquer les gens, on veut juste avoir du plaisir.

Ton t-shirt dit « Je parle féministe ». Comment le féminisme est-il placé au premier plan chez Ballet Hop ?

C’est intrinsèque et ça transparaît dans tout ce qu’on fait. La boutique représente uniquement des artisans femmes. Nous valorisons leur travail. Les photos qu’on retrouve dans notre espace sont un autre exemple. Les yogis ou danseuses représentées sont des femmes normales, pas les super mannequins de yoga qu’on a l’habitude de voir.

Nous organisons aussi des évènements avec des personnalités féministes, des blogueuses, des auteures et d’autres femmes inspirantes. Des femmes qui m’inspirent sur les réseaux sociaux, comme les sœurs Stratis, Aurélie Lanctôt, Léa Clermont-Dion, Judith Lussier.

Nous avons d’ailleurs accueilli un atelier « Comment faire vivre le féminisme dans notre quotidien ». Et nos évènements sont toujours au profit des CALACS, une organisation qui vient en soutien aux femmes victimes de violences sexuelles. Le féminisme est important pour moi, comme c’est une des valeurs chères à mon cœur.

#bh5Plus tôt, tu as abordé le rôle du renforcement positif de l’image du corps des femmes.

Ballet Hop! est une tribune pour les femmes de tous âges et de toutes formes. Elles arrivent ici la première fois en pensant qu’elles sont trop vieilles ou trop rondes pour le ballet. Notre rôle est de casser cette convention, ces stéréotypes et ces préjugés. On est dans la beauté fonctionnelle du corps plutôt que dans le scruter ou le comparer.

Un autre exemple, c’est notre défi de l’été : le Défi Fières. Ça part de l’observation que peu de nos clientes essayent de nouvelles choses dans les cours. Elles sont parfois intimidées, gênées d’essayer un saut ou une pirouette parce que c’est un peu plus difficile et elles ont peur de rater en public. Du coup, toutes nos professeures ont choisi une vulnérabilité personnelle ou une technique à travailler. On a créé une vidéo avant/après et on s’est donné 30 jours pour améliorer ça. Les clientes voient que même les professeures, censées être parfaites, ont aussi leurs points faibles.

« On s’en fout d’avoir l’air ridicule, il faut se donner le droit d’être imparfaite ! Toutes les femmes qui travaillent là portent cette énergie en elles. On le ressent. L’image positive est un véhicule pour passer nos messages féministes. »

Nous avons tous des insécurités. Chacun a une vulnérabilité. J’ai remarqué ça plus particulièrement chez les filles, ça peut devenir incapacitant pour certaines. Certaines filles n’ont pas peur du ridicule et se disent « J’essaye et au pire je rate, ce n’est pas grave ». D’autres adorent se mettre en maillot serré peu importe leur corps, mais c’est vraiment une minorité.

La plupart de mes clientes sont super conscientes de leur corps. Elles se regardent dans le miroir, vont analyser leur moindre mouvement alors qu’on est toutes là pour le plaisir. Petit à petit, on arrive à déconstruire ça. C’est la beauté de cette place. Ça fait de petites différences qui sont tellement significatives dans la vie des femmes. Mes clientes me disent que le cours a eu un impact positif dans leur perception d’elles-mêmes. Bien sûr, il y a des bénéfices physiques, mais la principale motivation est le plaisir.

Il y a un développement émotionnel à côté du développement physique. Tu dois avoir des relations privilégiées avec la majorité des femmes qui dansent ici.

Nous sommes vraiment des gens simples et sans prétention donc nous avons envie que ce soit à notre image. Les clientes voient ce que nous construisons de nos mains. Nous n’avions rien au début et graduellement nous sommes devenues meilleures avec de meilleurs rangements, un vestiaire et plein de petites choses que nous avons ajoutées progressivement. Nos clientes nous suivent depuis le début. Je suis fière de leur dire que j’ai passé la fin de semaine à faire le plancher. Elles me soutiennent. C’est une relation d’amitié.

#bh6Pourquoi as-tu choisi d’ouvrir Ballet Hop! dans le Mile-End ?

Ma sœur et moi connaissions le Mile-End en tant que visiteurs. Nous avons ouvert ici parce que la plupart des gens qui fréquentaient déjà Ballet Hop! habitaient Plateau ou Villeray. Le Mile-End est pile au centre des deux ce qui le rend accessible pour tout le monde. Quand nous avons ouvert, nous avons eu la surprise de découvrir la communauté. Notre voisin du bar St. Louis est venu nous souhaiter la bienvenue et a offert son aide si nous avions besoin de quoi que ce soit. Les filles du Vestibule sont arrivées avec une petite plante. Le Mile-End a un esprit de communauté vraiment l’fun.

Si tu marches dans le quartier, quels sont tes endroits préférés ?

Au Caribou, pour manger. Le St. Louis est notre bar de quartier. On fréquente aussi le Maïs. J’achète toutes mes choses au Piorra Maison de l’autre côté de la rue.

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Adresses favorites

Texte par Caroline Desmartin
Révision par Laurence Perras
Photographie par Wedge
Illustration par Mathieu Dionne