Une initiative de l’AGAME (L’Association des gens d’affaires du Mile-End) et de ses membres qui ont comme mission d’encourager l’économie locale, l’esprit communautaire et l’évolution positive de notre quartier.


Dev par Barkas. Design par Wedge. Direction Créative par Sarah Di Domenico.

Voici
Comme des Enfants

Nous avons parlé avec Marie-France, la propriétaire de boutique qui refuse de grandir.

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#cd5#cd2Bonjour Marie-France !
Pendant une dizaine d’années, tu as travaillé sur des plateaux de tournage. Comment ce travail t’a-t-il amené à ouvrir Comme des Enfants ?

J’ai adoré ce travail et j’ai adoré les gens que je côtoyais. Mais je voulais faire mon propre projet créatif, tandis que mon travail était d’aider les gens à faire le leur. Je suis bonne pour ce genre de truc, je travaille bien en équipe. Mais c’était très technique et ça nécessitait beaucoup d’organisation. Pour mon projet, je voulais explorer mon côté créatif, le développer. Et comme je pensais éventuellement à fonder une famille, je trouvais que le temps passé sur un plateau, quoiqu’excitant, était souvent très long. Je voulais plus de créativité, plus de liberté.

#cd9#cde1#cd6#cd7Avais-tu une connexion spéciale avec le monde des enfants ?

Je n’ai jamais quitté ce monde. Je lis des livres pour enfants, car ils sont beaux et amusants. Lorsque je voyage, je ramène des souvenirs pour enfants. Quand je suis allée au Laos, je voulais surtout ramener des jouets. J’adore aussi les films pour enfants ! Le voyage de Chihiro, Mon voisin Totoro, tous les films du Studio Ghibli. Oh ! Et Max et les maximonstres  ! Je suis attirée par cet univers. Par l’imagination et la découverte. L’émerveillement et la joie sont des sentiments qui m’habitent. En fait, je n’ai jamais vraiment grandi. J’espère rester comme ça même quand je serai très, très vieille.

Quels types de souvenirs ramènes-tu de voyage ?

Des livres de décor intérieur pour chambres d’enfants et salles de jeux. En voyage au Cambodge, j’ai acheté deux étranges animaux gonflables de couleur néon. Mon mari se demandait vraiment ce que je ramenais. Mais ils sont vraiment jolis et ils sont maintenant dans la chambre de mon fils. On ne sait toujours pas de quel animal il s’agit. Un chevreuil, peut-être ? On dirait un chevreuil… 

#cde5C’est peut-être à cause de la simplicité de l’aire ouverte toute blanche, mais il y a une touche très scandinave à ton magasin. Est-ce une source d’inspiration pour toi ?

D’une certaine manière, oui, mais ce n’est pas la première source d’inspiration. L’univers enfantin a tellement changé au cours des dernières années et je remarquais beaucoup de belles choses provenant d’Europe. Les boutiques pour enfants que j’ai visitées à Paris étaient magnifiques et je me demandais pourquoi nous n’avions pas de si beaux endroits au Québec ou à Montréal.

Là-bas, ils créent des endroits ludiques à explorer. Ce n’est pas qu’une question de style ou d’y vendre des objets en particulier. C’est bien plus que ça. Il faut apprécier ce qui est beau, les objets de qualité, les traditions. Il faut prendre son temps. Ce que j’ai voulu faire ici, c’est que les gens apprécient le fait de jouer grâce à l’espace que j’ai conçu.

#cdes1#cd1#cd4#cde8Comme des Enfants est un univers qui t’est propre. Que veux-tu que les gens ressentent quand ils visitent ta planète ?

J’ai créé Comme des Enfants instinctivement. Je veux que les gens sentent qu’ils sont les bienvenus ici. Que c’est chaleureux et calme, mais aussi un peu fou. Je veux qu’ils aient un coup de cœur, que leur âme d’enfant se sente interpellée. Le nom le dit. J’adore cette expression, d’ailleurs.

J’aime beaucoup voir les adultes quand ils visitent la boutique. Les enfants tiennent l’endroit pour acquis, ils y sont comme des poissons dans l’eau. Mais les parents sont enchantés ! Il y a quelque chose qui les touche. On voit dans leurs yeux que l’enfant en eux aurait voulu ces objets ou qu’ils les veulent maintenant pour leurs propres enfants.

#cd8#cd3#cde9Un peu après l’ouverture, tu as mis Félix au monde et tu es devenue non seulement une mère au travail, mais une mère qui est patronne ! Est-ce que le fait d’être la mère de Félix a changé ta relation avec ton entreprise ?

Il rend tout plus réel. Je peux m’imaginer vivre dans un monde, ou faire semblant d’y être, mais pour lui, tout est vrai. Tout est authentique. Si je sens que je deviens trop adulte, je lui cours après ou il me montre ce qui le fascine et tout est très « Wow ! Wow ! Wow ! » Il dit wow à tout ce qu’il voit. Il me ramène à un état enfantin. Oui, j’ai créé cet endroit, car c’était en moi, mais être dans cet état tout le temps peut être difficile. Le monde des adultes nécessite que nous soyons très responsables et c’est parfois dur d’y échapper. Avec lui, c’est possible.

Comment arrives-tu à décrocher et jouer ?

Je joue souvent dehors avec mon fils. Les jouets, c’est merveilleux et je tente de l’entourer de trucs créatifs pour qu’il joue librement, mais j’adore aussi explorer. Dehors, on part à l’aventure. Je rencontre beaucoup de gens fantastiques qui travaillent dans ce domaine et qui m’inspirent.

Je travaille beaucoup et je ne joue pas autant que je le souhaiterais. Mais je suis reconnaissante d’être entourée de gens si inspirants, créatifs et de découvrir des choses à travers leurs yeux. Grâce à l’expérience d’autrui, on peut grandir. Leurs intérêts peuvent devenir nos intérêts. J’aime quand les gens partagent leurs découvertes avec moi.

#cde7#cde3#cde4#cde2Il y a quelque chose de ludique et d’axé sur le design dans chacun des objets que tu choisis pour ta boutique. Quels sont tes produits favoris ?

Ce sont tous des coups de cœur, mais j’adooooore les petits carnets d’activités des Éditions Minus. Ils sont bilingues en plus. C’est une petite compagnie française gérée par des gens vraiment merveilleux. Leur but est de faire des objets qui créent des liens, encourager la complicité entre l’adulte et l’enfant. Chaque activité touche à un sujet intéressant qu’on peut découvrir ensemble.

Des sujets comme l’architecture, les grands artistes du 20e siècle, les bêtises, l’amour… En découvrant ensemble, on s’ouvre, on a des conversations et on en apprend plus sur l’autre. On se pose des questions comme « C’est quoi, l’amour ? » et « Comment tombe-t-on en amour? » Il y en a même un sur la politique qui explore ce qu’est un tyran, un dictateur. On y parle de royauté, de mouvements politiques, de comment former son propre gouvernement.

Ça permet de parler de choses intéressantes, mais surtout vraies, avec son enfant. On peut commencer avec un livre, mais ça ouvre la porte à encore plus de découvertes. On se rend ensuite à la bibliothèque, on discute avec des gens. Il y a même des ouvrages sur la relation entre les grands-parents et les petits-enfants. Les petits peuvent apprendre ce que les grands portaient quand ils étaient jeunes, ce qu’il y avait de mieux à leur époque. Je trouve ça fantastique.

J’aime aussi Le gros manuel, un livre qui contient toutes sortes d’activités. Il y a des recettes, des bricolages, des forteresses à construire. Il est gigantesque ! Tu caches ce livre dans un placard et tu le sors quand tu es à court d’idées. C’est très créatif et tu passes pour la mère la plus cool, car tu sais toujours quoi faire.

J’aime vraiment mes cerfs-volants, faits dans un studio à Brooklyn qui s’appelle Haptic Lab. Ils y sérigraphient les cerfs-volants et ils collaborent aussi avec des artisans de Bali. J’aime les cerfs-volants en général, mais ceux-là sont particulièrement beaux. Ils symbolisent la liberté. C’est aussi un geste très convivial, dynamique, social. « Laissons-le s’envoler, le beau cerf-volant », comme dans Mary Poppins ! 

Les jouets de Des Enfantillages sont vraiment amusants et en plus, c’est une entreprise locale familiale. Les enfants testent tous les produits, les grands-parents participent à la production. Tout ça est géré par un couple de créatifs, couple dans la vie aussi. Ce sont deux designers graphiques qui sont devenus designers de jouets alors le résultat est vraiment génial. Ils pensent beaucoup à l’objet que ça donne. Le lance-pierre est un lance-pompons et il tire aussi des bombes florales, des boules qui contiennent des graines de fleurs comestibles. Ça, ce sont mes coups de cœur, mais je pourrais continuer à en énumérer plein d’autres.

#cde6Quand tu étais petite, que voulais-tu être plus tard ?

Je ne le savais pas. Mais je savais que je ne voulais pas grandir. Je ne comprenais pas pourquoi les autres le voulaient. Ce n’était pas pour moi. J’ai toujours aimé les histoires. Ma préférée, c’est Anne la maison aux pignons verts. Parce qu’elle a beaucoup d’imagination !

Comme toi, d’ailleurs. Pourrais-tu assembler un habit pour une petite fille qui veut faire voler un cerf-volant  ?

J’adore cette jupe, avec toutes ses couleurs. Le vent pourrait s’y glisser et la faire gonfler, comme par magie ! Pour faire du cerf-volant, c’est ce qu’il y a de mieux.

Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui veut changer de cap et ouvrir sa propre boutique ?

Fais-le pour toi et personne d’autre. Choisis une chose que tu aimes vraiment et concentre-toi là-dessus. Il faut être passionné, car c’est parfois dur et il faut rester optimiste. Et entoure-toi de gens vraiment géniaux !

En marchant dans le Mile-End avec Félix, où vous arrêtez-vous ?

On aime beaucoup la ruelle entre Waverly, de l’Esplanade et Jeanne-Mance, entre St-Viateur et Fairmount. C’est un passage secret où le voisinage du Mile-End aime se rencontrer. C’est un endroit très spécial. Et aussi le Champ des possibles. Un peu de nature sauvage au cœur de la ville. Un endroit où les gens se rencontrent, où tout semble possible.

Bien sûr, un arrêt chez Kem Coba, c’est essentiel. Je veux essayer toutes leurs saveurs de crème glacée. J’aime particulièrement tout ce qui est cassis ou chocolat. Et Félix adooore le gelato !

J’ai aussi hâte d’essayer tous les restos de brunchs avec lui. Le Butterblume, le Cardinal Tea Room (mmmm des scones !), le Arts Café, La Petite Adresse, La Petite Maison, le Fabergé, le Sparrow et tous les autres ! Il a presque 2 ans et c’est difficile de le tenir en place quand il mange. Son père et moi courons souvent derrière lui entre les tables. C’est plutôt amusant en fait !

Justement pour bouger, les parcs du quartier sont super. J’aime celui de Lhasa, tous les enfants du quartier s’y retrouvent on dirait! Le parc St-Michel au coin de St-Dominique et Laurier les jours chauds d’été, il y a des jeux d’eau vraiment chouettes ! Et puis bien entendu, en balade, on s’arrête pour saluer tous les chats du quartier, of course !

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Adaptation par Marie-Laurence Grenier-Trempe
Révision par Laurence Perras
Photographie par Wedge
Illustration par Mathieu Dionne