Une initiative de l’AGAME (L’Association des gens d’affaires du Mile-End) et de ses membres qui ont comme mission d’encourager l’économie locale, l’esprit communautaire et l’évolution positive de notre quartier.


Dev par Barkas. Design par Wedge. Direction Créative par Sarah Di Domenico.

Voici
LOKI

Kevin Lo a fondé LOKI, où le design est une pratique basée sur des principes de justice sociale, utilisé pour engager, responsabiliser et s'opposer.

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#kev1 #kev2 #kev3Bonjour Kevin !
Tu as choisi de te consacrer au design qui fait le « bien ». Qu’est-ce que ça représente, chez LOKI ?

Fondamentalement, la justice sociale et le progrès opèrent à travers le design. Nous favorisons la collaboration, le développement communautaire, les projets culturels, la recherche en activisme et la mobilisation politique. Pour nous, ça passe de la manifestation, comme notre dernière série de pancartes antiracistes, à des projets plus éducatifs et informatifs comme « Life on Hold », un documentaire interactif avec KNGFU que nous avons produit avec Al Jazeera. Nous travaillons fort pour donner une visibilité à tous ces groupes qui sont sous-représentés.

Te décrirais-tu comme un « activiste » ?

Je n’aime pas beaucoup le terme « activiste », mais je suppose que c’est plutôt la manière dont j’ai été étiqueté. En tant que designer, je pense que c’est très important d’être en lien avec les mouvements populaires avec lesquels je travaille. Parfois, nous aidons à organiser et à mobiliser les protestations et les manifestations. Avec la montée violente du racisme d’extrême droite ici et partout dans le monde, nous continuons à mettre l’accent sur le design et  l’organisation antiraciste.

Le meurtre de six musulmans dans la mosquée à Québec a été un appel à l’action tragique et choquant, associé aux fréquents rassemblements organisés par ces groupes de haine. Nous sentons qu’ils ont besoin d’être confrontés.

À ton avis, quelle est la relation qu’un designer doit avoir avec sa communauté ?

L’anthropologue du design Dori Tunstall a dit : « Le design traduit des valeurs en expériences tangibles ». Ce qui ensuite pose la question, quelles sont nos valeurs ?  Pour moi, c’est d’apporter de « bonnes » valeurs dans le monde et les communautés avec lesquelles je travaille.  Je veux créer des choses nées de ces valeurs et les partager, les utiliser.  

« Je crois qu’il est important pour les designers de changer notre perspective et de cesser de parler à ou pour, mais plutôt de parler avec. »

Je crois qu’il doit contribuer au monde autour de lui en faisant le bien. J’aimerais qu’on en parle plus lorsqu’on parle de design.

L’histoire du design insiste beaucoup trop sur la commercialisation et la publicité. Mais il y a une autre histoire à raconter. Ces deux histoires sont liées à l’imprimerie. Cette invention fut un instrument crucial dans la démocratisation du savoir et c’est diminuer son importance en tant qu’élément émancipateur que de ne mettre en lumière que son côté « technologie commerciale ».

Comment peut-on faire « du bien » à sa communauté ?

En parlant à ses voisins, même si ça peut paraître vieux jeu. Je ne sais pas si tous les gens doivent nécessairement agir, mais j’aimerais qu’ils se conscientisent par rapport à l’oppression systémique.

« Le racisme, le capitalisme, la discrimination des classes. Les choses sont mises en places pour nuire à certains groupes. Nous sommes tous nés égaux. »

Il est important de démanteler la trame narrative qui semble être acceptée par la majorité et de se mettre à voir ces gens qui font partie de ces groupes, à les aider comme on peut. Je suis un designer. Grâce à ces aptitudes, je peux offrir une visibilité à des enjeux qui sont sous-représentés

Comment décrirais-tu ta relation avec ta communauté, le Mile-End ?

Conflictuelle. La gentrification est en partie la raison de ce conflit, car je pense y avoir participé. Le Mile-End a une personnalité assez spéciale à cause du mélange des cultures — les Grecs, les juifs hassidiques, les Italiens, les jeunes artistes… C’est un espace commun, mais qui, à cause de sa popularité croissante, devient de moins en moins accessible aux gens qui y résident depuis longtemps.

On a perdu plusieurs espaces clandestins et expérimentaux à cause des nouvelles entreprises. Les commerces qui veulent s’établir ici devraient être abordables. Au niveau le plus élémentaire, c’est le prix. Ici, on devrait pouvoir se payer un sandwich pas trop cher selon moi.

« Mais j’adore le Mile-End. Il y a un esprit de communauté plus fort que tout ce que j’ai pu voir dans d’autres quartiers. »

Ça change avec la gentrification mais c’est encore un endroit de rencontre pour la plupart de mes amis. Je pense que le Club Social est le centre de l’univers. Là-bas, on a l’impression de faire partie de quelque chose, d’être à sa place.  

En tant que communauté, il faut soutenir les commerces qui sont ici depuis longtemps. Je pense à Tammy et à sa boutique de fleurs. La communauté s’est mobilisée pour lui venir en aide. Elle m’aide à pratiquer le chinois. Je me souviens du feu qui a affecté son commerce. Les gens ont ramassé de l’argent pour qu’elle puisse rouvrir sa boutique. C’est une belle histoire, car elle est ici depuis longtemps, les gens la connaissent, elle est gentille et généreuse. C’est comme ça qu’on renforcit une communauté.

Quand je suis arrivé ici il y a dix ans, ma mère m’aidait à déménager et nous sommes allés nous acheter un rôti sur St-Laurent. Ma mère a fait promettre au propriétaire de s’assurer que je ne crève jamais de faim. Il a tenu sa promesse. J’aime le quartier à cause des gens. Jay, du Club Social. Billy, chez Monastiraki. Ce sont les gens que je salue, avec qui j’ai envie de parler. Ça me donne un sentiment d’appartenance. Comme si j’étais chez moi.

Tu souris en parlant de Billy. C’est une personne importante pour toi ?

Billy Mavreas, oui ! Il opère Monastiraki, une galerie d’art/ studio/bric-à-brac, au coin de St-Laurent et St-Viateur. Il devrait être le maire du Mile-End. Il est plein de sagesse. Quand ça ne va pas, je vais le voir avec mes problèmes personnels, professionnels, amoureux, politiques, créatifs, peu importe. Il arrive toujours à m’aider.

À qui penses-tu quand on parle d’accessibilité dans le Mile-End ?

Mission Mile End. RuePublique. Articule, un centre dirigé par des artistes où il y a des conférences, des expositions, des ateliers. Le développement, c’est normal. Le changement, ça existera toujours, mais ça peut être fait dans le respect. Aux grosses entreprises : ne déménagez pas ici ! (en riant) Ils ne m’écouteront pas… Un quartier, c’est plus qu’un endroit où faire des affaires. Des gens vivent ici.

Raconte-moi tout à propos de ton projet, Mile End Type.

Je suis obsédé avec la typographie. Le projet Mile End Type, c’est ma passion pour le lettrage et pour la personnalité des gens qui s’en servent. Je tente de capter l’esprit du quartier. Avec la gentrification, beaucoup de vieilles enseignes disparaissent. Je souhaitais créer une sorte d’archive visuelle qui célèbre et préserve, pour la postérité, une facette d’un quartier qui fait face à une gentrification de plus en plus marquée. J’ai plusieurs enseignes favorites. J’adore le fantôme géant sur l’usine près du viaduc. L’enseigne « textiles », au coin de Bernard et St-Laurent. Elles ont toutes quelque chose de spécial.

Où t’arrêtes-tu quand tu marches dans le quartier ? À part devant les enseignes vintage, bien sûr.

Social Club. Champs des possibles. Articule. Monastiraki. Drawn & Quarterly.

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Adresses favorites

Adaptation par Marie-Laurence Grenier-Trempe & Caroline Desmartin
Révision par Laurence Perras
Photographie par Wedge
Illustration par Mathieu Dionne