Une initiative de l’AGAME (L’Association des gens d’affaires du Mile-End) et de ses membres qui ont comme mission d’encourager l’économie locale, l’esprit communautaire et l’évolution positive de notre quartier.


Dev par Barkas. Design par Wedge. Direction Créative par Sarah Di Domenico.

Voici
Mile End Guitar Coop

Dans un atelier du Mile-End rempli de bois, le luthier Nic Delisle partage son amour pour la lutherie même s’il se décrit lui-même comme «un joueur de guitare vraiment mauvais».

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#mecoop2#mecoop1#coop2#coop9Salut Nic !
As-tu créé le Mile End Guitar Coop ?

Non ! Mike et Jeremy ont démarré la coopérative, je crois en 2008, à l’époque où ils finissaient un apprentissage avec Sergei de Jonge, qui est un des plus grands luthiers au Canada. J’ai rejoint le groupe à l’été 2010 et nous étions 6 ou 7 à ce moment-là. Jeremy construit des guitares classiques et travaille sous le nom de 52 String Instrument Company. Mike est un fabricant de guitare à cordes d’acier et son entreprise s’appelle Indian Hill Guitar Company.

Mile End Guitar Coop est plus ou moins le nom de l’espace, et tout le monde ici à sa propre patente. Tout le monde n’est pas à temps plein, certaines personnes sont juste là en soirée, la fin de semaine ou les après-midis. C’est une coopérative donc tout le monde a le même droit de propriété sur tout. Tous les coûts sont divisés entre nous pour des choses comme la colle, le papier de verre, les forets. Tout le monde ici est formidable.

Et toi, qui es-tu Nic ? Quelle est ton entreprise ?

Ça s’appelle Island Instruments. Je fais principalement des instruments électriques, en majorité des guitares. Je fais aussi une ou deux guitares acoustiques par an. Les électriques sont mon gagne-pain.

Es-tu toi-même musicien ?

« Pas vraiment. Je suis vraiment un mauvais joueur de guitare. »

Quel est le chemin qui t’a mené à faire des guitares électriques ?

J’étais en cinéma à Concordia et je n’avais pas vraiment un bon moment. Malgré que je sois un mauvais joueur de guitare, j’ai toujours adoré avoir des guitares et j’ai toujours été intéressé par leur fabrication. Je passais du temps sur les forums de guitares à regarder les luthiers, c’est le terme pour les fabricants d’instruments à corde.

J’ai fini par rencontrer, il y a des années, Lenny de Daddy Mojo (qui fait des guitares dans des boîtes à cigares) et je l’ai convaincu de m’embaucher un ou deux jours par semaine. C’est donc comme ça que j’ai commencé. J’ai quitté l’école de cinéma pour aller dans une école de lutherie en dehors de la ville, que j’ai rapidement abandonnée une année plus tard.

J’ai rencontré Mike et Jeremy, peut-être lors de l’une de leurs portes ouvertes ou lors d’un des concerts dans leur magasin, ou peut-être que c’était pendant la Nuit Blanche où ils ouvrent la boutique toute la nuit et font la fête.

« J’étais là, f*ck it, je ferais aussi bien de faire un essai ici et je vais avoir plus de connaissances avec tous ces luthiers autour de moi. »

Bref, je les ai rencontrés ici et ça s’est fait au feeling. Je n’aimais pas l’école de lutherie et je savais que ça n’allait pas me donner la capacité de faire ça professionnellement après un cours de 3 ans. C’était sûr. Et puis j’ai établit une sorte de relation avec eux. Au même moment, ils étaient en train de déménager dans un espace plus grand. Ça s’est passé comme ça. 7 ans plus tard c’est fou d’y repenser.

Pour qui construis-tu des guitares ?

Tout le monde. Beaucoup de mes créations sont inspirées des vieilles guitares électriques que tu pouvais voir dans un catalogue Sears dans les années 50 ou 60. Il y avait de vieilles marques dégueulasses et pas chères qui faisaient l’objet d’un culte à travers les années, surtout avec Jack White et The Black Keys, les groupes comme ça, les gens qui ont relancé ce genre de choses.

L’originelle est l’Harmony H44 Stratotone et j’ai pas mal copié la forme parce que j’avais une affinité bizarre pour cette guitare. C’est la guitare qui m’a amené à la lutherie donc je me la suis appropriée. J’ai mon propre point de vue sur celle-ci.

Mes créations ont tendance à être plus contemporaines. Pas vraiment jazz mais plutôt moitié folk, moitié jazz. Si tu vas sur mon site web, j’ai une page pour les artistes. Elle, elle s’en va à un gars qui fait du jazz en Belgique (montre sa nouvelle création).

#mecoop3Vends-tu à l’étranger ? Quel est ton modèle le plus populaire ?

Oui ! Définitivement mon modèle Traveller. C’est une petite guitare. Le corps est presque de la taille d’un ukulélé. Ça, ce sera la guitare finalisée. C’est seulement 30 pouces et quelques de long et le coût oscille entre 2,300 et 2,500 $USD. Le modèle Traveller a vraiment été un succès dans la dernière année, un bon nombre de musiciens l’ont acheté, ce qui est cool parce que c’est le but. Faire une guitare de voyage qui n’est pas un petit jouet. Parce qu’il y a des instruments de voyage qui existent mais ils sont un peu mauvais, ce sont des sous-instruments. Je me suis donc dit que j’allais en faire un qui a tous les bons éléments d’une guitare faite à la main, avec une plus petite taille.

Il y a ce gars à Brooklyn, Charlie Rauh, qui n’arrête jamais de travailler, je pense qu’il a affiché l’autre jour qu’il avait été dans 20 séances d’enregistrement dans 7 pays différents avec sa guitare dans la dernière année, la traînant partout.

As-tu fait des guitares pour beaucoup de musiciens locaux ?

Pas tant localement. Je n’ai pas vendu beaucoup de guitare au Canada, ce qui est bizarre. J’en ai vendu un bon nombre en Australie et je viens d’en envoyer une en Thaïlande à un gars de jazz qui joue dans un groupe de ska plutôt connu en Thaïlande. Ils s’appellent T-Bone Ska.

« Je viens juste de vendre un ukulélé électrique au créateur de Bob’s Burgers, ce qui est plutôt cool. »

#coop5Wow ! Peut-être que ton uku électrique se retrouvera dans le show !

J’ai failli lui demander « Yo, peux-tu dessiner quelque chose avec l’instrument ? ». Je ne savais même pas que c’était lui. On correspondait depuis plus d’un an pendant que je fabriquais le machin et il m’a juste dit « Ok, mon agence va t’envoyer un chèque ». Et j’ai pensé, qui est ce type ? J’ai tapé son nom sur Google et, oh sh*t, c’était lui.

Qui serait le client de tes rêves ? Pour qui tuerais-tu pour pouvoir lui concevoir quelque chose ?

Marc Ribot. C’est le gars qui m’a fait entrer dans la lutherie à travers la musique. Je ne m’intéressais pas à la musique avec des sons de guitares pendant un bon moment et il a tout changé. Je l’ai rencontré il y a un moment. C’est dommage parce qu’à chaque fois que je le rencontre, je n’ai pas de guitare finie, je lui montre donc des photos et il me dit « Tu vas m’en amener une, une fois que c’est fini », mais je ne l’ai jamais fait. Il fait beaucoup de trucs expérimentaux, bizarres mais en même temps c’est un joueur prolifique en session d’enregistrement, pour toute sorte de gens, et suivant une grande gamme de styles. Il a récemment fait un album avec Diana Krall et Elton John, et il a beaucoup travaillé avec Tom Waits.

#coop6#coop3#coop4#coop1Explique-nous le processus de création d’un luthier comme si tu parlais à un enfant de 5 ans.

Tu prends un bloc de bois. Tu utilises ensuite un modèle pour dessiner la forme et après tu coupes la forme en utilisant des trucs pour creuser et des bouts du modèle. (Prends une pièce de bois). Voici un morceau de bois. C’est assez gros pour que je coupe franchement mais la plupart du temps, ils ne sont pas comme ça et tu as deux pièces. Tu dois faire ressortir le bois, coller les morceaux ensemble et puis prendre un modèle et dessiner la forme, le couper, le creuser.

Quel type de bois utilises-tu principalement ?

Pratiquement que du canadien. J’aime utiliser beaucoup de bois local, autant que possible, et du bois récupéré. J’ai une quantité d’épinette provenant d’une ancienne étable construire à la fin des années 1800 et j’ai du bois qui a été déterré d’une rivière. J’essaye de limiter l’utilisation de bois exotique et des coupes à blanc. Ça, c’est de l’érable qui a été grillé, c’est pourquoi il a cette couleur marron. Nous gardons la pièce à un niveau d’humidité contrôlée, c’est très important pour le bois.

Où peut-on acheter une de tes guitares ?

island-instruments.com

Qu’est-ce que tu aimes concernant ton travail dans le “ghetto créatif” du Mile-End ?

L’avenue Casgrain, je ne sais pas si c’est toujours le cas, était le lieu avec la plus grande concentration d’artistes en Amérique du Nord. Les gens s’installaient ici parce que c’était abordable. C’est encore relativement abordable mais c’est en train de changer. Ubisoft possède quelque chose comme la moitié du bâtiment maintenant ! Même dans cet édifice, il y a un bon nombre de jeunes entreprises techno. Je ne peux plus me permettre de m’acheter un café en bas maintenant.

#coop7#coop8Quand tu marches dans le Mile-End, où est-ce que tu vas habituellement ?

Cheskie’s principalement pour le babka et d’habitude je prends des donuts, qu’ils n’ont pas toujours mais quand ils ont en ont, ce sont les meilleurs. On finit souvent à Bishop & Bagg si on veut une bière. Ta Chido. Dary Depanneur. On a un rituel le vendredi qui consiste à boire des bières et lancer des fléchettes. On prend une bière chez Dary, et le sandwich au poulet chez Serrano fait partie de la suite… Quelles sont les délimitations du Mile-End ? J’ouvre le débat…

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Adaptation par Caro Desmartin
Révision par Laurence Perras
Photographie par Wedge
Illustration par Mathieu Dionne