Une initiative de l’AGAME (L’Association des gens d’affaires du Mile-End) et de ses membres qui ont comme mission d’encourager l’économie locale, l’esprit communautaire et l’évolution positive de notre quartier.


Dev par Barkas. Design par Wedge. Direction Créative par Sarah Di Domenico.

Voici
Mile End Kicks

Voici Sam Papoutsis, le revendeur original de chaussures branchées du Mile-End.

Want create site? Find Free WordPress Themes and plugins.

#mek3Bonjour Sam !
Voyageons dans le temps, à ce qui t’a mené à Mile End Kicks.

OK, revenons à l’origine. En 2009, je me suis retrouvé sans emploi et je passais beaucoup de temps au café sur St-Viateur, le Club Social. J’ai vu une vitrine sur Parc qui était libre et j’étais juste curieux. Je ne m’étais pas retrouvé dans le monde des affaires depuis un moment. Je ne savais même pas ce si c’était un bon emplacement à ce moment- là, mais le loyer était bon. Je me suis dit « Tu sais quoi, ça fait longtemps que je ne me suis pas retrouvé dans les affaires, peut-être que je devrais le considérer ».

Avant ça, je travaillais dans les chaussures et c’est tout ce que mon cerveau savait faire. Alors je me suis dit « Voyons voir si on peut mettre des sneakers sur les tablettes. » J’étais avec mes amis au Club Social, nous avons parlé de cette idée et un gars a dit « Ouais Sam, tu devrais le faire ! Vas-y ! » et il n’était pas défoncé, il était droit comme une barre. J’ai eu beaucoup d’encouragements de mes amis pour démarrer la boutique. C’est important.

« Et cette idée est devenue une motivation, puis la motivation est devenue action. La suite vous la connaissez, je suis arrivé avec le nom Mile End Kicks, j’ai signé le bail et c’était parti. »

Nous avons ouvert avec 3 tablettes de chaque côté du magasin, on les a remplies de chaussures et on se centrait sur le client. Le magasin entier est fait de bois et c’était mon concept pour ramener un look 80’s. Mon père m’a aidé à construire cet endroit à partir de rien. C’était vraiment le fun, c’était une sorte de place pour flâner au début, puis le mot s’est répandu. J’ai un ami qui m’a aidé au démarrage, nous étions juste deux au départ et ça a continué de grandir.

On a commencé avec les classiques, juste des Converse et des Keds et nous avons eu des Adidas, des New Balance et des Saucony et nous n’en sommes jamais revenus.

En 2009, il n’y avait rien autour d’ici. Il y avait un magasin de disque à côté, Phonopolis, c’est là qu’ils ont ouvert mais ils ont déménagé. Je pense que c’est quelque chose qui nous a aidé très tôt parce que les musiciens locaux allaient magasiner des disques et passaient par notre magasin après. À travers les années, j’ai vu de super artistes et musiciens locaux travailler dans la boutique. Ils doivent être connus maintenant, je ne sais pas. Je n’ai jamais pensé que Mile End Kicks allait devenir une affaire légitime, mais c’est un grand succès et tout est dû aux gens géniaux du quartier et aux clients qui sont venus ici depuis le début.

« Je suis reconnaissant des habitants du quartier qui sont venus de nombreuses fois. Ils nous ont aidés à rester ouverts. »

#mek5#mek4Comment décrirais-tu l’atmosphère de ta boutique dans tes propres mots ? Comment choisis-tu les produits ?

Le concept derrière Mile End Kicks c’est une ambiance rétro, des sneakers de référence. Ça a commencé comme ça dans ma tête parce que j’ai commencé à apprécier toutes ces marques emblématiques à l’époque où j’étais enfant et j’ai réalisé à quel point il y avait peu de choix.

Nous restons rétro et fidèles à nos origines. Nous essayons d’amener des marques nouvelles et différentes  chaque saison et nous aimons ramener des produits cool. Backyard et Victoria par exemple. Personne n’a ça. C’est fait en Europe. Mais nous essayons d’avoir des marques faites ici et nous sommes toujours ouverts à regarder de nouvelles choses.

En bas de la rue, nous avons une seconde boutique avec des chaussures différentes, plus de bottes, des sandales, des sacs sympas et des chapeaux aussi. Nous donnons aux femmes, hommes et adolescents l’opportunité de trouver ce qu’ils ne pourraient pas trouver dans un vieux centre d’achat ordinaire. Tu vois toujours la même m*rde à chaque fois. Ici, c’est le Mile-End, ce n’est pas n’importe quel quartier de Montréal. On se démarque. 

Tu as définitivement un style et un « swag » personnel.

Ah ! J’aime rester jeune dans ma tête. Ça me garde jeune.

#mek1#mek2Quelles sont quelques-unes de tes chaussures favorites dans ta boutique et leurs histoires ?

Bien sûr ! Ça, là, c’est une célèbre chaussure Converse, appelée Converse Jack Purcell. Jack Purcell était un ancien champion de badminton, ici, au Canada. Dans les débuts de la marque, il a montré à Converse comment s’approprier la sensation du tennis et du badminton. C’est une simple chaussure blanche et j’aime à quel point elle est simple et confortable.

Saucony Jazz Lo Pro est une autre de mes préférées. Les gens d’un peu partout dans la ville viendront pour celles-ci. C’est un des sneakers les plus stupides jamais développées par des gars qui avaient l’habitude de courir le marathon de Boston à la fin des années 70. Ils travaillaient pour une entreprise d’articles sportifs qui ne faisait même pas de chaussures, mais dès qu’ils couraient le marathon, leurs pieds étaient pleins d’ampoules pendant des semaines ensuite. Je suppose qu’ils se sont mis ensemble avec une équipe de design et ils sont arrivés avec cette basket super simple qui a comme une sensation de balle de tennis douce à l’intérieur. Ils l’ont appelée la Saucony Jazz.

« Victoria est un très bon nom en Espagne. J’aimerai toujours les Victoria parce que la semelle sent le bonbon. »

Nous avons ouvert le magasin avec beaucoup de Pro Keds. Pro Keds était le compétiteur de Converse dans les années 20, 30, 40 et 50, Keds avait la première basket déjà en 1916. Ils ont eu la première chaussure avec un bouton en caoutchouc. Les joueurs de basketball avaient besoin de bouton de caoutchouc alors ils sont arrivés avec la Pro Keds dans les années 20 et 30, et elles sont toujours là, ce sont des classiques. La toile blanche est incroyable. Nous avons vu de nombreuses marques aller et venir, mais les classiques restent.

Backyard est une marque danoise fondée en 1972, je crois, à Copenhague. Ce sont les chaussures locales et je connais ça depuis des années. Elles sont d’ailleurs appelées par un autre nom au Danemark, elles sont appelées Kawasaki mais ils ne peuvent pas utiliser ce nom ici en Amérique du Nord. Si cette chaussure ne dit pas rétro et old school, je ne sais pas ce qui le peut. Bref, ils les ont renommées Backyard ce qui est intéressant, je présume. 

Pour quelqu’un qui veut travailler dans ta boutique, qu’est-ce que tu recherches chez un employé ? Comment as-tu bâti cette famille ?

Béatrice, je l’ai rencontrée quand elle avait 13 ans. (Appelle Béatrice) « Tu as quel âge Béatrice ? … 21 ans ? » Sa mère venait dans le magasin avec ses deux filles et achetait des chaussures. Je me rappelle qu’elle était une fille très heureuse, toujours en train de sourire. Elle est revenue pour chercher du travail quand elle avait 17 ans. (Béatrice ajoute) « J’avais 19 ans. Ouais, j’étais, genre, vieille. » Oh OK, elle avait 19 ans, bref. J’ai toujours eu une règle de base : si je connais ta mère, normalement c’est un bon signe.

Nous avons embauché Béatrice, connue comme une fille du quartier. Quand je connais les parents, je sais que les enfants sont honnêtes. Ou les étudiants du quartier qui connaissent le coin, ils peuvent aider à diriger les gens autour… c’est le genre de gens que j’embauche. (Béatrice dit) « Sam est génial ! C’est vraiment un gars gentil qui peut être extrêmement généreux. » Béatrice est une rockeuse, elle joue beaucoup de Led Zeppelin dans la boutique ! On embauche beaucoup de français aussi, de France. Je pense que ce sont de bonnes personnes, motivées à travailler !

Jérémie est avec nous depuis 2 ans mais il nous quitte. Il reviendra peut-être s’il a le mal de Montréal. (Jérémie ajoute) « Après 2 ans, j’ai l’impression que cette boutique est ma boutique. J’adore le quartier. Ça bouge tout le temps et tu rencontres des gens toute la journée. Et Sam est devenu de la famille, parce que je n’ai pas de famille ici. Par exemple, on est allé chez lui pour la Pâque grecque. » J’aime faire manger les gens.

« Les grecs ont une grande philoxenia”, ce qui veut dire, plus ou moins, accepter les gens dans ta maison et être ami avec un étranger. Tout le monde qui se rend dans la boutique vient dans notre maison. »

#mek7Qu’est-ce que tu aimes le plus dans le fait d’être sur l’avenue du Parc ?

J’ai grandi dans le Mile-End. L’avenue du Parc est donc  très proche de moi. C’est la rue où nous faisions tout. On la prenait pour aller dans le centre-ville avec le bus 80 quand on était jeunes, grosse fête tardive dans le centre-ville, ensuite des bagels à 3 ou 4 h du matin ou un gyro ou autre chose. C’était notre quartier. Il y avait toujours une place pour traîner sur l’avenue du Parc à l’époque, que ce soit une salle de billard ou un bar. Ce sont de bons souvenirs. Pourquoi ouvrir une boutique ailleurs ? J’aime ce quartier. On boit des cafés au Club Social jusqu’à 1 h du matin sur la terrasse en été avec les copains.

#mek6En t’imaginant, toi, en 2009, quel serait ton meilleur conseil pour les entrepreneurs qui veulent commencer quelque chose dans le Mile-End ?

Concentrez-vous sur un type de produit ou de service particulier. Quelque chose de niché. Ne vous éparpillez pas trop. Offrez du transfert de connaissances. L’histoire derrière la marque. Il faut aimer rencontrer des gens pour avoir un petit magasin dans un quartier comme ça.

Quand tu rencontres quelqu’un dans une petite boutique, il fait partie de ta vie, il va te montrer quelque chose d’intéressant, peut-être un produit que tu n’as jamais vu. C’est quelque chose dont nous sommes fiers. Les gens rentrent et nous aimons les faire sentir comme à la maison. Et s’ils visitent la ville, nous aimons les aider à trouver quelque chose pour se rappeler Montréal. Que ce soit leur première paire de Backyard du Danemark ou autre. On est reconnaissant d’être encore là parce qu’il y a eu des moments difficiles.

J’aurais aimé que la ville de Montréal réduise les taxes d’affaires ou impose un gel pour les nouveaux entrepreneurs, ici, dans le Mile-End. Nous avons beaucoup de locaux vides et tu as 6 mois pour survivre. En ce moment, c’est beaucoup plus dur. C’est dommage parce qu’il y a beaucoup de jeunes qui aimeraient avoir une opportunité mais ce n’est pas vraiment à portée de main.

Où t’arrêtes-tu quand tu fais un tour dans le quartier ?

Je vais toujours au Latina pour un sandwich, ils le font devant toi et c’est toujours frais. J’aime mes bagels comme tu peux le voir (montre son ventre) ! Nous avons des endroits formidables pour manger. Taza Flores qui est là depuis toujours. Mythos de l’autre côté de la rue, c’est un super restaurant grec. Le célèbre Milos. Les meilleurs sandwiches en ville sont dans le quartier. La panthère verte. Un sandwich au poulet portugais chez Serrano.

Did you find apk for android? You can find new Free Android Games and apps.

Adresses favorites

Adaptation par Caroline Desmartin
Révision par Laurence Perras
Photographie par Wedge
Illustration par Mathieu Dionne